La Provence: OXYGENE+ est prêt à lancer ses seed-bombs

La Provence: OXYGENE+ est prêt à lancer ses seed-bombs

Rémi Bagur, Martégal à la fibre écologique chevillé au corps, a fini par plaquer une carrière de responsable commerciale bien lancée pour mettre en application ce bon sens qui l’anime depuis presque tout petit.

Début 2017, il a monté Oxygène +, un réseau d’entrepreneurs, associatif, bénévoles, porteurs de projets porté par l’association éponyme, basée dans la Venise provençale. « Par leur adhésion, ces 25 entreprises, tout corps de métiers confondus, financent l’association. » La structure s’articule selon deux projets principaux : la création d’un eco centre (lire ci-dessous), pépinière d’entreprises porteuses de toutes les alternatives écologiques dans tous les secteurs d’activité, « le but étant de donner une visibilité, au grand public, de toutes ces alternatives mises en oeuvre. »

Très vite, les « seed-bombs » (ou bombes à graines de la grosseur du balle de ping-pong) se sont donc, presque naturellement imposées comme le 2e projet. « Les seed-bombs sont très anciennes, explique Rémi Bagur. Les Égyptiens l’utilisaient après les crues du Nil pour revégétaliser. Plus récemment, la ville de Detroit, aux USA, s’est servie de bombes de semences comestibles sur des terrains abandonnés, au point d’être quasiment autosuffisante aujourd’hui. »

Comment ça marche ?
Les « seed bombs » permettent en effet de végétaliser facilement des espaces urbains inhospitaliers ainsi que des plaines dévastées par des incendies ou une dévégétalisation grandissante.

Elles sont composées d’un mix de graine, d’un tiers de lombricompost et de deux tiers d’argile. Ainsi compactées et séchées, elles sont facilement transportables et on peut ainsi les jeter par-dessus n’importe quelle barrière et sur n’importe quel terrain. L’argile protège les graines lors de la retombée sur le sol, elle conserve une certaine humidité à l’intérieure de la boulette et protège des rayons du soleil. Lors des premières pluies, la boulette se dissout lentement et la graine peut alors germer dans son cocon nutritif. Dès que la radicule (petite racine primitive de la plantule) touche le sol, c’est gagné !

Des essences qui brûlent moins vite
Pour confectionner de façon pertinente les « seed-bombs », Rémi Bagur a rencontré les agents de l’Office national des forêts « pour définir une (longue) mais précise liste d’essences et de variétés qui poussent sur les terrains calcaires, à savoir, notamment, du chêne, de l’olivier ou de l’érable de Montpellier. » Des essences qui, a contrario du pain d’Alep qui pullule dans nos collines, poussent, certes plus lentement, mais brûlent, également, moins vite. Il s’agit donc de mélanger des plantes, des arbres et des arbustes qui s’entraident naturellement dans leur milieu. « Le manque de pluie, a pu menacer notre projet, évoque Rémi Bagur, mais les graines sont protégées par un mélange de terre et d’argile. Elles peuvent donc germer plusieurs années après. »

Pour réaliser les petites boules, il fait appel à des bénévoles et des petites mains, dans les écoles, les maisons de retraite. C’est déjà le cas dans certains foyers à Martigues et avec des écoliers de Robert Daugey, à Croix-Sainte. Les écoliers vont fabriquer des « seed-bombs » à base de graines de fleurs et de plantes qu’ils lanceront eux-mêmes sur un terrain sec et dépourvu de verdure, appartenant à l’école. « Ils pourront ainsi constater rapidement l’impact de leur action sur l’écosystème », se réjouit Rémi Bagur.

Le jeune homme a démarché de nombreuses villes, associations et entreprises des Bouches-du-Rhône, à Martigues, bien sûr, Miramas, Marignane, Ensuès-la-Redonne, Marseille… « Istres et Saint-Mitre se sont montrées particulièrement intéressées. Pour l’heure, nous menons des expérimentations à titre personnel avec les bénévoles, pour les lancers. » Oxygène + se réunit une fois par mois en deux groupes sur Martigues et Marseille.

« Mais notre priorité, insiste-t-il, c’est notre projet d’éco centre pour lequel nous avons besoin de dons, mais aussi de porteurs de projets qu’on accompagnera gratuitement ; mais aussi et surtout d’une ville qui souhaite nous accueillir, avec suffisamment d’espace pour que, si possible, nous puissions installer une centrale photovoltaïque, source de revenus pour cet éco centre. »

En l’espèce, le premier soutien d’Oxygène +, pour les « seed-bombs », c’est l’association des Perles de la Côte bleue avec laquelle une action participative est en projet autour d’un grand événement. « Il est important de prendre toutes nos responsabilités au niveau des entreprises et de notre propre consommation. Ce n’est pas seulement l’avenir de nos enfants qui se joue. C’est le nôtre. On ne parle plus, aujourd’hui, sur le long terme. »

L’ECO-CENTRE :
Les entrepreneurs sélectionnés ont pris la décision de mener des actions au sein de leur propre société : recyclage des déchets, utilisation de produits bio ou éco-certifié, fournisseur de proximité… L’éco centre aura pour vocation, la démonstration des possibilités écologiques de l’habitat, de la consommation des ressources, la gestion des déchets.

Pour en savoir plus, faire un don, intégrer le réseau d’entrepreneurs, associatifs, salariés… rendez-vous sur oxygene.plus ou https://www.helloasso.com/associations/oxygeneplus/collectes/oxygene-lance-les-seed-bombs